Quand l’émotion est trop lourde, laisse-la tomber!

  1. Insomnies: depuis que notre Président a annoncé le recul de la date de confinement, je dors mal et je me réveille vers 4h30 du matin, les yeux grands ouverts. Que le 11 mai me paraît lointain! Puis mes questions fusent: comment la reprise va t elle s’organiser? Allons nous devoir porter des masques (quels masques?)? Allons-nous nous rassembler en un seul homme ou nous diviser? Allons nous faire le choix de retourner au capitalisme ou saisir l’opportunité immense qui nous est offerte de changer de modèle, comme la planète généreuse en ce printemps nous y invite?…Comment vais-je me positionner dans mon métier pour faire valoir cette direction auprès de mes clients? Bref, il m’est difficile de me rendormir…
  2. Feu d’artifices d’émotions: Lever à reculons. Je n’ai pas de réveil pour me booster hors du lit; je ressens cette langueur, ce vide abyssal, cette colère qui m’a habitée pendant mes réveils nocturnes. Ma liberté de circuler est restreinte. Cette frustration qui m’habite (je suis inutile dans ce qui advient), la peur de l’après Coronavirus (ceux qui portent plainte, ceux qui se révoltent contre l’insuffisance du gouvernement, la propagation des comportements ahurissants de ceux qui se ruent sur le papier toilette et les pâtes. Il va y avoir une révolution, la terre va subir la “reprise économique”, tous les médias ne parlent que de ça, comme si…nous n’avions pas compris (toujours pas!) qu’il pouvait y avoir d’autres systèmes? Et s’il n’y a pas de reprise, ce sont de nombreuses femmes et d’hommes qui vont subir la non reprise économique avec son lot de pauvreté et d’insécurité…Les émotions sont là, lourdes, s’entre -mêlent, entre inquiétude, craintes, doutes, et aussi plaisir de partager les journées avec mes proches. De quoi perdre la boule!
  3. Visualisation: au détour d’une méditation, il m’est apparu que ces émotions me faisaient tanguer telle une barque au milieu des vagues déchainées. Mais en fait, mes émotions ne sont qu’une information pour mon cerveau. Je me suis prise à visualiser les émotions négatives comme un poids lourd qui me faisait me pencher en avant et me courber. Je me suis imaginée que je lâchais cette pierre très lourde: quel soulagement! Puis j’ai réalisé que, finalement, ces émotions n’étaient pas moi, qu’elles n’étaient qu’une partie de moi dont je pouvais me séparer après en avoir intégré l’existence. Elles ont alors pris la forme du bouquet de tulipes multicolores planté sur ma table: une couleur, une émotion. De temps en temps je visualise le bouquet et je fixe une couleur qui dépeint l’émotion du moment qui m’habite.
  4. Détachement et helicopter view: mon corps s’est allégé de ce poids lourd contre lequel je me arc-boutais. Plutôt que de lutter contre, faisons “avec” les émotions et les pensées. Respirer profondément en pleine conscience permet aussi de s’ancrer dans le présent, d’observer ce qui m’envahit, et de se distancier de ce qui me submerge. Le détachement (qui n’est pas l’absence d’empathie, car être détachée ne m’empêche pas de ressentir et de nommer les émotions qui me traversent) permet le discernement. Mieux je discerne, meilleures seront mes décisions, puis mes actions.

Régulièrement, plusieurs fois par jour, pratiquez cet exercice d’observation: quelle pensée m’envahit et tourne en boucle? Quelle émotion est liée? Où puis je la déposer? Qu’est ce que je décide de faire/de ne pas faire?

About Author

armelleS