Eloge de la fragilité

La fragilité: plaie ou miel?

Frédéric Lenoir nous dit:

“Chaque être est doué d’un don qui lui permet d’être un soutien, une consolation ou une lumière pour les autres; mais aussi d’une faille, d’une fêlure, d’une fragilité, qui réclament l’aide d’autrui” 

Traditionnellement, la fragilité fait écho à la vulnérabilité, qui, elle-même est du ressort de la sensibilité (pour ne pas dire “sensiblerie”, dans notre culture française)

La fragilité est un contre-pouvoir de performance, dans notre société du “toujours plus”.

L’expression “il y a une faille” n’est pas de nature à alimenter favorablement notre moteur du rendement, ni à approvisionner celui de la gestion du risque…

Pour autant, la fragilité est la poésie, l’empathie, l’amour, la protection, la solidarité (récemment re-découverte avec la COVID19) Par ricochet, la fragilité est développement, enveloppement, ce qui nous relie à nous, aux autres, ou que nous rejetons. Est-ce que c’est parce qu’elle nous émeut que nous la rejetons ? La fragilité a-t-elle sa place au travail, dans notre famille, dans notre culture?

La fragilité est surtout émergente aux phases de crises: adolescence, maladies, vieillesse, dépendance, pandémie, confinement, déconfinement…

Fragilité = légèreté? Fragilité=force?

La fragilité est ce que l’on tait, et pourtant elle reste ce qui nous définit: la fragilité est cachée. Muette. Présente. Etouffée. “Tue” (participe passé homonyme du verbe tuer!)

Découvrir sa fragilité, ce qui vous définit, c’est accepter de vous regarder tout entier dans le miroir, de vous aimer un peu plus, avec tout ce qui vous compose: avec les aspects lisses et les aspirités.

Au pire, en la déclamant, vous déclencherez de l’empathie, de la sympathie, voire de la compassion dans votre entourage. Il y a biensûr certaines espèces d’animaux déplumés qui pourraient en user et en abuser. Au moins ceux-là, vous les aurez nettement identifiés, et vous pourrez vous en écarter définitivement en toute conscience!

Au mieux, vous porterez une attention particulière à vos propres limites, là où votre corps, votre tête, votre être, vous disent “STOP” , et vous éviterez un burn-out.

Qu’y a t il de plus attachant, de plus attendrissant, de plus émouvant qu’une personne qui ose partager sa fragilité?

La fragilité est le thème qui émerge en filigranes aujourd’hui dans notre société au travers des évènements récents que nous traversons, et qui pourtant reste bien timide, terré, caché, camouflé, dissimulé. C’est elle aussi qui réveille notre instinct de protection et déclenche toutes ces peurs qui frétillent à l’intérieur de notre être. Donner une contenance à notre fragilité, lui dérouler le tapis rouge, ouvrirait de la cohésion, de la douceur, de l’amour, de la solidarité.

La fragilité  a du mal à se frayer un chemin dans notre monde de la surconsommation (qui nous confronte pourtant à la fragilité de notre compte en banque!), dans notre régime économique d’extraction des ressources au détriment de la protection de ces ressources (qui confronte la fragilité de notre planète), des décisions et réflexions à court terme versus celles à long terme (fragilité des systèmes par les politiques “touchettes”), du plus versus le moins (fragilité de notre système de pensée sous le joug de la dictature de groupe), de la frigidité (ou la violence) versus l’humanité (fragilité de notre intelligence émotionnelle et de notre altruisme) 

Et si viser la fragilité était le vent porteur qui devait guider l’orientation de nos voiles futures?

Prendre part à un coaching est un moment privilégié qui vous autorisera à exprimer et à partager avec votre alter ego votre fragilité.  Vous y étudierez comment la transformer, la valoriser, et comment trouver un équilibre force et fragilité pour vous sentir mieux, en faire votre miel.

 

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